"It was the best of times, it was the worst of times..."
Charles Dickens. A Tale of Two Cities.


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mardi 16 décembre 2008

Exposition Canova à Forli


En général, je ne suis pas un inconditionnel des grandes expositions et je préfère aller voir les oeuvres dans les collections permanentes des musées, dont beaucoup sont souvent vides, que de faire la queue pour des rétrospectives où l'on se bouscule.
Il m'arrive toutefois de faire une exception quand cela en vaut la peine, en particulier quand les oeuvres d'un artiste sont à ce point dispersées qu'on a plaisir à les voir rassemblées quelque part, et je crois que cela sera le cas avec l'exposition consacrée au grand sculpteur néoclassique Canova, qui se tiendra à Forli, en Italie, à partir du 25 janvier prochain. J'ai toujours aimé Canova, auteur de tant d'oeuvres magnifiques d'une facture si délicatement onctueuse qu'il semble que le marbre de ses statues soit modelé plutôt que sculpté, qu'il se soit prêté sans effort à l'expression de l'idée de l'artiste. Je ne saurais trop vous conseiller de vous y rendre aussi, ce qui peut être une occasion par ailleurs de découvrir la belle Romagne et l'hospitalité de ses habitants. (J'ai un futur dans la rédaction de brochures touristiques, non?).

Pour plus de renseignements: http://www.mostracanova.eu/

dimanche 12 octobre 2008

Des jours comme ça


Je suis allé voir ce matin l'exposition de peinture italienne qui se tient en ce moment à la Fondation de l'Hermitage de Lausanne. Il s'agit d'oeuvres provenant de l'Accademia Carrara de Bergame, actuellement en cours de restauration. Bon, ça m'a laissé un peu froid, ce n'était pas un jour pour cette peinture-là. Il y a des jours comme ça, comme il y a des jours, et des heures, pour écouter des chansonnettes plutôt que des symphonies. J'en excepte quand même quelques belles oeuvres de védutistes vénitiens. Mais ce qui a le plus retenu mon attention aujourd'hui, c'est, toujours à la Fondation de l'Hermitage, les tableaux du fonds exposés au sous-sol. En particulier, je l'avoue, les paysages lémaniques frôlant parfois l'anecdote de Bocion, peintre lausannois de la seconde moitié du XIXe siècle. Je vous le disais: il y a des jours comme ça, et c'est bien d'ailleurs.
Depuis le parc de la Fondation, la vue plongeante sur la cathédrale et la ville est magnifique, en particulier en cette saison, par une belle journée bleutée, au milieu des rousseurs flamboyantes de l'automne.

La peinture italienne de la Renaissance au XVIIIe siècle.
Trésors de l’Accademia Carrara de Bergame.
Fondation de l'Hermitage, Lausanne, jusqu'au 26 octobre 2008.

Illustration ci-dessus: Bocion, Bocion et sa famille à la pêche, 1877.

dimanche 7 septembre 2008

Balthus à la Fondation Gianadda


Je reviens de l'exposition Balthus qui se tient à la Fondation Gianadda de Martigny (Suisse) jusqu'au mois de novembre.
Je n'avais jamais été à la Fondation Gianadda, grand lieu d'expositions au niveau mondial, qui fête cette année ses 30 ans, ni à Martigny d'ailleurs. Quelques mots sur Martigny et la fondation.
Martigny est une bourgade posée au fond de la vallée du Rhône, flanquée de montagnes au sud et au nord, s'étirant le long d'une avenue centrale qui porte successivement le nom d'avenue de la Gare puis d'avenue du Grand-Saint-Bernard, ou le contraire selon d'où l'on vient évidemment.
J'arrivais en l'occurrence par le train et donc c'est l'avenue de la gare que j'ai empruntée la première. Sur les 200 premiers mètres, elle est bordée d'immeubles modernes à l'architecture moche et bâclée, avec cette façon d'être moche et bâclée qu'on ne trouve qu'en Suisse. Vient ensuite un tronçon plutôt agréable, où l'avenue s'élargit au point de former pratiquement une place, complantée sur chaque côté d'une double rangée de platanes et entourée de maisons de deux ou trois étages du XIXe siècle ou du début du XXe siècle. On marche encore un peu, on prend une rue à main gauche, et on arrive au bâtiment de la fondation. Là aussi, c'est un peu décevant. L'impression générale est d'avoir affaire à une sorte de réplique en plus petit du centre commercial connu sous le nom de "Centre Bourse" qui défigure le centre de Marseille, entre le vieux-port et le cours Belsunce. Passons.
L'exposition elle-même est magnifique. Le commissaire en est Jean Clair, qui avait déjà organisé la rétrospective de 1983 à Beaubourg. Le choix de tableaux est très complet. Je ne me risquerai pas pour l'instant à donner mes impressions, car je suis convaincu qu'en général les commentaires à chaud sont banals ou bêtes. Qu'il me suffise de dire que ce que j'ai vu aujourd'hui me confirme dans l'idée que Balthus est l'un des peintres du XXe siècle dont l'univers est le plus densément personnel. Voilà, c'est banal et bête, mais au moins c'est court.
Une petite digression sur les expositions. Bien qu'étant en règle générale un adversaire décidé de la peine de mort, j'en viens de plus en plus à penser que cette règle pourrait souffrir une exception. Je m'aperçois en effet que je ne serais pas forcément opposé au rétablissement de la peine capitale pour les pères et mères de famille modernes qui amènent leurs enfants en bas âge au musée. Quitte à faire se retourner dans sa tombe le bon vieux Beccaria, il est même des cas où je ne serais pas fâché que l'exécution soit précédée du supplice de la roue, et c'est quand une mère de famille montre à sa fille de quatre ans un tableau intitulé Les trois soeurs et, après lui avoir dit que c'était comme maman et ses propres soeurs, lui demande en montrant les différents personnages: "Et là, c'est tata qui? Et là?".
Balthus, 100e anniversaire, Fondation Pierre Gianadda, Martigny (Suisse). Jusqu'au 23 novembre 2008. Tous les jours de 9h à 19.

vendredi 5 septembre 2008

Eternelle jouvence


"Chair de vipère et or potable: rajeunir au Moyen Age": c'est le thème qu'a choisi avec humour pour sa leçon d'adieu, qui se tiendra le 15 septembre à l'Université de Lausanne, l'historien Agostino Paravicini Bagliani, professeur d'histoire médiévale, auteur d'ouvrages de référence sur la papauté et la curie au Moyen Age.
J'y serai et je ne manquerai pas d'en rendre compte prochainement. Sait-on jamais, peut-être y découvrirai-je quelque recette médiévale tombée dans l'oubli assurant la repousse intégrale des cheveux.
15 septembre, 17 h 15 - UNIL, Bâtiment Anthropole, Auditoire 1031

jeudi 4 septembre 2008

Un film à partir de Nicolas Bouvier


"Voyager n'est pas une activité innocente (…). Mais tous ceux qui ont mené cette existence donneront un doigt de chaque main pour la retrouver un jour : c'est une expérience dont on ne guérit jamais." Nul mieux que l'écrivain suisse Nicolas Bouvier n'a su exprimer, au-delà de tout exotisme et de toute pose de baroudeur, la vérité du voyage, qui est toujours et avant tout un itinéraire intérieur, une sorte d'ascèse. Ce que dit en un magnifique raccourci cette autre citation de L'Usage du Monde, souvent reprise et à juste titre, car elle peut servir d'épigraphe à toute son oeuvre : "On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."
Dans un documentaire intitulé Nomad's Land - Sur les traces de Nicolas Bouvier, Gaël Métroz a refait le périple qui a mené l'écrivain à travers la Turquie, l'Iran, le Pakistan, l'Afghanistan, la Chine, l'Inde et le Sri Lanka, et qui fait l'objet de ses récits de voyage, au premier rang desquels L'Usage du Monde justement.
Le film sort en Suisse romande à partir du 4 septembre 2008. Sa sortie en France n'est pas annoncée pour l'instant.
J'en parlerai plus longuement dès que je l'aurai vu évidemment.
Pour plus de renseignements: http://www.nomadsland-lefilm.com.

mercredi 3 septembre 2008

Festival de littérature de Mantoue (Italie)



Je ne sais pas trop quoi penser des "festivals" de littérature, de philosophie, d'histoire ou autre qui poussent comme des champignons un peu partout en Europe. Surtout quand, comme celui de Mantoue précisément, ils portent le nom affreux de "Festivaletteratura", espèce de mot-valise qui pue le marketing débile. Mon impression générale est que ces événements ravalent la culture qu'ils sont censés célébrer à une énième forme d'entertainment, ou mieux, qu'ils dévoilent la véritable nature de cette horrible création qu'est la culture au sens moderne, et qui est précisément d'être une forme d'entertainment, sans même l'innocence et la fraîcheur de la fête foraine.
Bon, cela dit, au-delà des théories à trois francs six sous, il faut reconnaître que le festival de Mantoue, qui a lieu chaque année depuis 12 ans début septembre, a quand même le mérite de sortir la ville pendant quelques jours de la torpeur provinciale dans laquelle elle est plongée le reste du temps, et qu'on peut y assister, dans la cour de monuments magnifiques, à des readings et autres qui sont parfois intéressants.
Festivaletteratura, Mantoue (Italie), du 3 au 7 septembre 2008
http://www.festivaletteratura.it
Pour manger à Mantoue, je vous conseille:
Dans le centre:
"Il Leoncino Rosso", Via Giustiziati 23 (juste derrière le Palazzo della Ragione).
Un endroit qui ne paie pas spécialement de mine, mais où vous pouvez déguster les vraies spécialités de la région à des prix raisonnables. Aux murs, les affreuses et réjouissantes toiles dans le style naïf de Nedo, le maître des lieux, qui s'est mis récemment à faire des copies d'après les maîtres anciens encore plus affreuses et réjouissantes.
Dans les jardins du Palais du Té:
Le "Chiosco Graffer", kiosque dont les tables sont installées dans les jardins-mêmes à l'ombre des marronniers. Au menu, salades composées, vaste choix de piadine, sandwiches variés, le tout d'une très grande fraîcheur. Le patron, Mario, est très regardant sur ce chapitre. Pour le déjeuner les dimanches et jours fériés, mieux vaut venir un peut tôt ou un peu tard pour éviter le "coup de feu".

Lausanne (Suisse) - Procès d'Oscar Wilde


Merlin Holland, petit-fils d'Oscar Wilde, à qui il a consacré de nombreux ouvrages, lira jeudi 4 septembre 2008, au Tribunal de Montbenon à Lausanne, des extraits des comptes-rendus d'audience du procès qui devait briser la carrière et la vie de l'écrivain.
Tribunal de Montbenon, Lausanne (Suisse), 4 septembre 2008, 20 heures.
Réservations : huguette.groux@unil.ch